Le rôle et la place du bénévolat d’accompagnement

La réforme de la dépendance devrait contribuer à maintenir et même à renforcer les liens de la personne dépendante avec ses proches et à stabiliser dans le temps la capacité d’accompagnement de son entourage.

D’après Jean-François Serres, secrétaire général de l’Association « Les petits frères des Pauvres » *, il ne faut pas opposer aide publique et maintien des solidarités privées. Au contraire, les deux composantes se renforcent : les pays où l’aide publique envers les familles est la plus importante sont aussi ceux où l’on observe une plus grande implication des proches auprès des personnes âgées dépendantes.

Nous le savons, le rôle des familles est fondamental. Or, un grand nombre de personnes âgées ne bénéficie pas d’un entourage familial en capacité de les accompagner. 16 % des plus de 75 ans et 25 % des plus de 85 ans souffrant d’un handicap invalidant sont en situation d’isolement réel (c’est-à-dire, déclarant avoir des relations personnelles moins de deux à trois fois par an ou jamais). Une personne dépendante sur quatre est donc entièrement seule.

De plus, la précarité aggrave cet isolement. Les personnes en situation de dépendance ayant des revenus inférieurs à 1 000 € sont deux fois plus exposées à l’isolement que celles ayant des revenus supérieurs à 2 500 €.

Dans ces situations, le bénévolat d’accompagnement peut se substituer à l’entourage familial quand celui-ci n’existe pas, pour créer avec la personne âgée isolée une relation de confiance dans la durée. Le bénévolat est aussi très souvent indispensable pour soutenir les familles et éviter leur épuisement.

Le rôle et la place du bénévolat d’accompagnement sont donc des sujets majeurs dans le débat sociétal qui s’engage. Il pourrait être légitimé dans la loi, à l’instar du bénévolat d’accompagnement agissant dans le champ des soins palliatifs.

Pour en savoir plus : www.petitsfreresdespauvres.fr

* Les petits frères des Pauvres font partie du collectif réuni autour de la Société Saint-Vincent de Paul « Pas de solitude dans une France fraternelle », à qui le Premier Ministre a attribué le label Grande Cause nationale 2011.

Publié le par La rédaction ||| Bien vieillir |

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.