Personnalités

Mady MESPLE  

Mady MESPLÉ

Chanteuse soprane née à Toulouse

Durant plus de 20 ans, Mady Mesplé a brillé
dans les rôles titre de Lucia di Lamermoor,
Lakmé ou encore la reine de la Nuit.

De sa génération, elle est l’artiste qui a
le plus enregistré, offrant un vaste répertoire
mélodie, opérette, musique contemporaine.

Mady Mesplé, artiste soprane que les plus grandes scènes internationales ont eu la joie et la chance d’accueillir, témoigne d’une passion infinie pour le chant, qui fut une passion avant même d’être une carrière. Toute sa vie a été guidée par son amour pour l’art du chant, depuis qu’enfant, elle en a appris les rudiments au conservatoire de Toulouse, jusqu’à aujourd’hui où elle témoigne d’une curiosité très généreuse pour les gens de passion.

Ayant connu dès son enfance de grands plaisirs avec le chant, Mady Mesplé a choisi précocement d’en faire son métier. Elle nous confie avec beaucoup de malice ses souvenirs d’enfant et des plaisirs à venir soupçonnés dès le début de cet apprentissage. Si la passion pour le chant a guidé toute sa vie, Mme Mesplé n’en oublie pas pour autant la formidable discipline et l’entier engagement auquel elle s’est astreinte pour pouvoir mener cette carrière d’exception.

Au-delà de cette discipline indispensable, Mady Mesplé a mené sa vie professionnelle et privée en ayant constamment le souhait de vivre des moments exaltants, dépourvus d’ennuis. Quoi de plus passionnant que de faire de belles rencontres avec des gens nouveaux, passionnés par leur métier, quels qu’ils soient, et avec qui l’échange est stimulant. Sur les plus grandes scènes lyriques, dans le travail quotidien, dans les voyages, Mady Mesplé déteste par-dessus tout ressentir l’ennui ; sa vivacité, sa curiosité, son ouverture vers l’autre, la poussent à toujours rechercher l’intérêt du moment.

La qualité des échanges participe bien à une vie réussie et ce quel que soit le domaine ; les master classes que Mady Mesplé a animées ont également offert à cette grande dame de jolis moments de vie, heureux instants d’échanges. Les échanges, la transmission, le don de soi et l’ouverture aux autres, une générosité exigeante dans les rencontres humaines, voilà autant d’ingrédients dont Mady Mesplé tisse avec beaucoup de malice et de joie de vivre les instants de sa vie.

La passion permet de vivre pleinement sa vie, quel que soit l’âge et d’en accepter les évolutions liées à la vieillesse. Et de conclure avec un magnifique sourire “ce qui compte est de continuer la route et d’accepter que changent les arbres qui bordent la route ; on avait des marronniers, qu’à cela ne tienne, on y mettra des peupliers !”

 

Aymeric ZUBLENA

Architecte et urbaniste

Grand Prix de Rome en 1967

Architecte du Stade de France de l’Hôpital Européen Georges Pompidou

Membre de l’Académie Beaux Arts de l’Institut de France

Président du jury du prix CNSA “Lieux de vie collectifs et autonomie”

Aymeric Zublena qui revendique d’être à la fois architecte et urbaniste, estime que la notion d’âge n’intervient pas en tant que telle dans son appréhension des espaces. L’âge ne modifie en rien le jugement vis-à-vis d’une architecture ; seul le handicap, l’éducation, le niveau socio culturel peuvent impacter sur le ressenti à l’égard de nouveaux projets de construction. La modernité, l’avant gardisme de certains projets peuvent dérouter qui n’y est pas habitué ou sensibilisé ; mais les différences culturelles peuvent constituer des barrières aussi certaines que l’âge. La pédagogie, l’éducation, sont autant de soutiens à l’explicitation et donc l’appropriation de lieux de vie.
En revanche, Aymeric Zublena affirme que les porteurs de projets immobiliers ne doivent pas se tromper et s’adapter à l’évolution de notre société : les urbains ont depuis longtemps largement dépassé la part des ruraux et il est indispensable que des projets immobiliers destinés à des personnes âgées, soient placés au cœur des villes. Tout comme à l’hôpital où il vaut mieux pour Mr Zublena éviter à une personne âgée d’être systématiquement hospitalisée dans un service de gériatrie mais prioritairement tant que cela est possible dans le service de spécialité exigé par sa pathologie, afin d’éviter toute aggravation de sa dépendance. Le maintien le plus longtemps possible du lien à l’animation de la vie quotidienne d’un quartier, avec les familles, est garant d’une bonne forme préservée.Le jury du prix d’architecture de la CNSA et que préside Mr Zublena, se donne pour objectifs de récompenser des conceptions d’établissements alliant qualité de vie des résidents et personnels, préservant le plus possible l’autonomie des résidents, soutenus par des innovations architecturales pertinentes, fruit d’un bon dialogue entre architecte et maître d’ouvrage.
Cette démarche est passionnante car elle permet à de jeunes architectes de se libérer de toute contrainte et de réfléchir à des thèmes encore peu présents dans les écoles d’architecture.

Mr Zublena conclut en rappelant qu’au delà de l’âge, c’est surtout le handicap lié à l’âge qui va exiger certains aménagements des bâtiments, dans leur conception et leur aménagement. L’architecture doit relever le défi multiple de maintenir les personnes âgées dans un environnement urbain au cœur de la vie, dans des espaces adaptés si nécessaire et qui vont également permettre à ses occupants de rester autonome le plus longtemps possible. La prévention de la dépendance est aussi une question d’architecture et d’urbanisme.

 

Just FONTAINE

International de Football (21 sélections)
Meilleur buteur de la Ligue des champions en 1959
Meilleur buteur du Championnat de France en 1958 et 1960
Détenteur du record de buts marqués
dans une Coupe du Monde

Just Fontaine, joueur de football au palmarès exceptionnel, est très sensibilisé par les questions liées à la dépendance. Beaucoup des joueurs de football qu’il a connus lorsqu’il jouait en club, ont aujourd’hui disparu et souffraient de la maladie d’Alzheimer avant leur mort. Just Fontaine s’interroge sur les conséquences possibles de la pratique d’un sport à haut niveau sur la santé des sportifs ; et de rajouter qu’à cette époque, le matériau poreux dont était fait le ballon l’alourdissait et pouvait le faire passer de 1kg en début de rencontre à plus de 3kgs ! « Comment être sûr que les impacts répétés d’un ballon de football sur la tête d’un joueur ne peuvent pas avoir des conséquences irréversibles ? » La pratique d’un sport à haut niveau peut donc engendrer de vraies souffrances physiques mais permet également de nourrir une grande passion, gage d’une bonne forme.

Une bonne hygiène de vie, une alimentation saine, une curiosité permanente permettent au corps et à l’esprit de rester jeunes le plus longtemps possible. Justo Fontaine confie éprouver beaucoup de plaisir aux parties de belote et de tarot qu’il fait avec ses amis de manière très régulière. Outre le plaisir de l’amitié, les jeux de carte leur permettent selon Just Fontaine d’entretenir la mémoire et sont sources de plaisanterie autour de la maladie d’Alzheimer, lorsque l’un d’entre eux commet une erreur par distraction.

Si la maladie d’Alzheimer et les signes de la dépendance peuvent être un sujet de plaisanterie pour ce grand champion, ils sont aussi source d’inquiétude. La dépendance est cause d’une vraie souffrance à la fois pour la personne touchée, mais aussi pour son entourage.
Aussi, les quelques signes comme la perte de mémoire, une perte de goût pour l’alimentation, sont autant de témoins qu’il faut savoir prendre au sérieux.

Just Fontaine estime que le plus important dans la vie est d’aimer ce que l’on fait, quel que soit le domaine et quel que soit l’âge. Toujours être actif, et de façon adaptée à ses capacités physiques, faute de quoi, l’être humain dépérit.

Just Fontaine termine cet entretien de façon malicieuse et ce grand champion au record inégalé de glisser à partir de la formule de Nike « Just do it » , « Yes I did it » avec un grand et beau sourire.

 

Michel SARRAN

Chef toulousain, doublement étoilé au Guide Michelin.

Michel Sarran avoue d’emblée sa très grande préoccupation pour l’alimentation et la qualité des repas que notre société propose aux personnes âgées, lorsque ces dernières sont soit à l’hôpital, soit en maisons de retraite. Pour ces personnes avancées en âge, le repas reste pourtant un des seuls moments où elles pourraient éprouver du plaisir, renouant avec la mémoire d’une vie construite sur des centaines de souvenirs culinaires ; la logique financière, de bonne gestion, et du choix politique de maintenir un coût très bas, condamne toute velléité de garantie d’un repas en phase avec les attentes, d’où une vraie frustration sans cesse renouvelée et une dénutrition à moyen terme. La cuisine est pourtant symptomatique du respect porté à la personne que l’on nourrit et son rôle dans la prévention de la dépendance est évident. Si l’on veut que l’alimentation joue pleinement son rôle préventif en milieu ou fin de vie, c’est à ses tout débuts qu’il faut entamer cet apprentissage : dans les écoles, à la maison, dans l’éducation des parents, dans le choix civique de consentir davantage de moyens financiers aux lieux de restauration collective où désormais la majorité des repas sont pris.

Eduqués très tôt au bien manger, les enfants ont davantage de chances de vieillir en bonne forme et cette exposition au goût doit se poursuivre tout au long de la vie. Michel Sarran compare l’art gastronomique à la peinture ou encore la musique et de conclure « puisque la sensibilité à la peinture ou à la musique ne se perdent pas avec l’âge, pourquoi perdrait-on le goût ? », tout est affaire de désir et de citer Aristote, « le désir est l’appétit de l’agréable ».

Les personnes âgées peuvent en revanche montrer certaines réticences à découvrir de nouvelles saveurs ; il ne serait pas étonnant que le gingembre ou encore le Raz el Hanout engendrent quelques hésitations pour qui a vécu toute sa longue vie au cœur d’une gastronomie gersoise, aveyronnaise. Ces éventuelles réticences proviennent du fait que ces nouvelles saveurs n’évoquent aucun souvenir, or en matière de goût, la mémoire est fondamentale. Le langage et la présentation finiront d’aider à la découverte des saveurs connues et inconnues.

Michel Sarran affirme que nous sommes tous égaux face au goût et que le souci d’en faire l’objectif premier permet de dépasser toutes les difficultés. Quel que soit l’âge, le handicap, le mode de restauration, les capacités physiques, la cuisine est tout à fait capable de s’adapter, sans que la notion de contrainte ne soit jamais associée.

Plaisir et désir sont les deux principes qui doivent guider nos papilles dans la conception des repas, afin de les retrouver dans l’assiette, et donc dans l’énergie vitale de chacun, le plus longtemps possible.

 

Emile NTAMACK

Ancien joueur international de rugby
Palmarès exceptionnel au sein de l’équipe du Stade Toulousain :
6 fois champion de France,
3 fois vainqueur de la Coupe d’Europe,
5 sélections en Coupe du Monde,
Actuellement, entraîneur des lignes arrières du XV de France.

Emile Ntamack estime que si une activité sportive contribue à l’entretien de la forme, la pratique au haut niveau présente davantage de limites à terme à la bonne forme du corps. Ce joueur de rugby, à la carrière exceptionnelle, voit dans la pratique d’un sport collectif l’immense intérêt de favoriser les échanges et d’encourager la mixité. Quel que soit l’âge auquel on s’adonne à un sport, l’essentiel est que chacun s’adapte à ses propres possibilités. Le sport offre une belle page de vie, en permettant de rester au contact des plus jeunes tout en bénéficiant de l’expérience des aînés.

Pour toutes ces raisons, la pratique d’un sport permet de rester jeune et dynamique plus longtemps, même s’il est essentiel d’en limiter l’intensité en fonction de sa propre capacité.

 

Frédéric MICHALAK

Demi d’ouverture
Équipe du Stade Toulousain

Sélectionné 54 fois en équipe de France de rugby, ayant participé à ce jour à 2 coupes du Monde, Frédéric Michalak est l’un des rares joueurs français à avoir joué à l’étranger.
Professionnel depuis l’âge de 17 ans, la fréquence et l’intensité des entraînements sollicitent de façon importante le corps. Frédéric Michalak précise que le corps d’un sportif de haut niveau est très entretenu pour être le plus performant possible, même s’il reste difficile d’en prévoir les conséquences physiques plus tard. Pour Fréderic Michalak, la prévention de la dépendance est un enjeu très important car il faut repousser le plus tard possible l’apparition de sa manifestation.
 

Nicolas DIEUZE

Footballeur au club de Grenoble

A joué 7 saisons au Toulouse Football Club
Capitaine du TFC durant 5 ans

Nicolas Dieuze a respecté une très bonne hygiène de vie afin de pouvoir maintenir son corps le plus en forme possible. La pratique d’un sport de haut niveau est un gage de bonne santé pour le présent mais aussi pour l’avenir. Ce qu’il a semé, Nicolas Dieuze est convaincu qu’il va le récolter et que son corps vieillira bien. Nicolas Dieuze est persuadé que la pratique d’une activité physique permet de rester en forme et de repousser l’apparition de la dépendance.
 

Michel GUERARD

Chef triplement étoilé d’Eugénie les Bains
Inventeur de la cuisine santé

Michel Guérard a posé les fondements de la cuisine minceur en 1976, et depuis porte haut la défense de ses bienfaits au motif que l’alimentation est essentielle dans la bonne forme physique mais aussi mentale par le plaisir que le manger procure à l’esprit. Sa belle expérience lui offre un vrai recul sur les pratiques et attentes gourmandes de sa clientèle. Les personnes âgées éprouvent en général des difficultés à découvrir de nouvelles saveurs. Entre le souhait très présent de retrouver des goûts plus traditionnels qui ont forgé leur mémoire alimentaire, et la volonté de maintenir un corps en forme et donc de manger sain, Michel Guérard déploie tout son génie pour parvenir à l’adhésion de sa cuisine santé.

Les personnes qui avancent en âge perdent en général un peu de leur curiosité et de leur goût ; il est alors indispensable de pouvoir leur proposer une cuisine agréable et excitante qui va les entraîner dans de nouveaux chemins culinaires et les faire adhérer à cette aventure.

Lorsqu’il arrive que la gastronostalgie soit trop forte, les talents de Michel Guérard permettent de composer une partition plus traditionnelle qui va ravir la mémoire de nos aînés tout en les faisant bien manger. La cuisine santé a par exemple relevé le défi du cassoulet santé, qui garantit l’aspect et le parfum de ce plat régional, tout en respectant les règles diététiques.

La cuisine est un de nos lieux de mémoire, individuel et collectif, souvent associé à une notion de fête, en tout cas de plaisir. La cuisine qu’elle soit familiale, grande, gastronomique, ou de santé, se doit d’en tenir compte.

La bonne alimentation est un des ciments de la clé de voûte qui vient soutenir la bonne forme de chacun. Le plaisir de manger, la qualité des produits et des recettes santé, sont autant de garanties à une énergie vitale la plus longue possible. Quels que soient le lieu et le mode de restauration, individuel ou collectif, la cuisine doit tenir compte de multiples facteurs : habitudes culturelles, modes alimentaires, plaisirs. Face aux maladies, l’alimentation est un atout capital, faute de quoi, la dénutrition contribue à la morbidité.

Les signes comme la perte de goût, la diminution d’appétit sont autant des signaux qui doivent nous alerter et nous engager en faveur de la prévention de la dépendance, grâce au bien manger.

 

Pr Louis LARENG

Président de la Société Européenne de TéléMédecine et e-Santé
Fondateur du SAMU

« Tout d’abord n’ignorons pas que certaines personnes restent en forme plus que d’autres du fait de leur robuste constitution. Ils vivent une pleine vie sans restriction. Les progrès dans la prévention des risques, notamment réalisés par les relations possibles entre différents professionnels de santé par la télémédecine, permettent de dépister toute fragilité et d’y remédier rapidement. L’Institut Hospitalo-Universitaire du Vieillissement et de la Dépendance en sera « l’Ange gardien ».

Energie et bon moral, constituent l’essentiel pour rester en forme, ils en sont le principal activateur. Ce dernier reste essentiellement la solidarité et la générosité intergénérationnelles. Notre territoire, nous appelle à cette démarche : « Tous pour un et un pour tous » d’Artagnan (alias Charles de Batz-Castelmore).

Et par-dessus tout, hygiène de vie, activité suivie et prudence dans l’utilisation de remèdes inadaptés… »